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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 18:44

Les écrits ci-dessous s'inscrivent dans la continuité didactique des travaux d'antipsychatrie en référence aux  textes et théories de l'antipsychiatre Ronald David Laing et aux textes de l'écrivain américain Norman Mailer (The White Negro: Superficial Reflections on the Hipster (1956) et Advertisements for Myself (1959)).

 

(Extrait du manifeste dans le cadre de l'exposition "OCCIDENTAL SUN,  ACCIDENTAL SON". à la galerie Jean-François Dumont en 2004 à Bordeaux.)

La spéculation autour d'images sur médiatisées vacillant entre leurre et véracité est symbolisée par toute une hégémonie inhérente à notre "société du spectacle" élaborée et mise en place par les grandes structures qui poussent l'individu psychopathe à s'octroyer le rôle d'iconoclaste. L'expérience iconoclaste actuelle n' est plus celle issue des mouvements traditionnels où la fonction dogmatique de l' icone était exclusive aux affirmations théologiques, le culte de l' image a évolué, il s' est modifié en fonction de la forte industrialisation de celle-ci. Nous avons aujourd' hui recours à de nouveaux produits technologiques qui diffusent une importante profusion d'images, ce qui amène inéluctablement à un traitement encore plus radical de ces images. Les suprématies qui s'autorisent à conserver un certain contrôle de l'image en procédant à l'élaboration de cette supercherie, cette machinerie qu'est le processus du traitement télévisuel dans lequel il s'agit de faire un tri dans une réalité plus large, favorisent la construction massive d'images burlesques où le langage et la symbolique y survivent comme de pauvres rescapés résidus. La production d' images où l' on assiste à la déformation de cette réalité qui découle de ce même tri soi-disant  "obligé", génère chez l' homme la non distinction de la corrélation entre réel et imaginaire provoquant ainsi des troubles sur la psychologie de masse. Il est indéniable que la mutation actuelle de la construction de l' identité et de la personnalité provient du rapport de notre civilisation lié à l' image dont le contenu privilégie davantage la surface spectaculaire à la profondeur complexe de la pensée. A travers l' image "spectacle", un schéma mais aussi un langage social standardisé est né, il s' est codifié en véhiculant tout un cortège de signes et il est devenu de plus en plus difficile de s' exprimer en dehors de ces signes directement ajustés aux différents modes industriels de production. Les images actuelles télévisées fournissent à l'homme des signes qui constituent un langage dépourvu de sens au travers duquel il cherche à se construire. L' homme contaminé par ce langage, véritable virus social de la "lobotomisation" et qui se voit  dépourvu d' anticorps comme substrat de la volonté lui assurant de surmonter le côté vain et vide de son existence, se retrouve prisonnier du temps et de l' espace, en des termes shopenhaueriens,  il devient " l'homme ordinaire ", ce produit techno-industriel que la nature fabrique à raison de plusieurs milliers par jour. A ce stade ou déjà enfermé dans un soi-disant réseau de symboles exacts, ce langage n'est plus à présent son unique privilège, il en est devenu sa propre prison, ses expériences mentales en sont d' autant plus réduites et c' est à ce niveau de contrôle idéologique et de hold-up mental, après avoir mutilé son intelligence, que l' on peut parler de "dé-culturation symbolique"...

Le sentiment de toute puissance chez l'individu psychopathe naît notamment du fait qu' aujourd'hui les nouveaux canaux de communication produisent des excédants d' images burleques et travesties auxquels il est conditionné à se soumettre afin de mieux sombrer dans l' hébétude, ces images excluant alors toute forme d' intégration et de réflexion. Son refus à une normalisation de l'esprit se définit par des passages à l' acte (acting in) ou dans certains cas comme celui des tueurs systémiques, l'image avec sa forte charge symbolique devient un outil qu' il gangrène et peut ainsi constituer le ferment de processus criminogènes qu'il répète à travers des mode opératoires en fonction des différents degrés de projection et de stade de miroir générés par ces mêmes images. Cette attitude se cristallise une fois la mémorisation et le détournement de ces nombreuses références visuelles, images d'horreur diverses popularisées ou sacralisées par les masses média lui procurant ainsi le schème mimétique idéal dont l'usage sera orienté vers une logique profane de ritualisation. Le pouvoir du corps social, en lui assignant ce minuscule espace de gestes quotidiens, véritable "infra-mince sociale", devient un obstacle que transgresse et corrompt l'individu psychopathe opérant dans un profond mimétisme, celui même qu' il aura ingéré à travers l'image ...

 La réalité cruciale de l'acte criminel est véritablement tronquée par les grand discours idéologiques que l'on fonde sur une généalogie de la morale autour de la notion de "déviance", et c'est justement de cette manière que les agents de "l'idéocratie" dominante peuvent sécréter par le biais de canaux institutionnels un stéréotype de criminel. Ce stéréotype, véritable chimère ambulante fabriquée comme pour concentrer tous les fantasmes inimaginables de notre inconscient collectif est jeté tel un masque sur la face du criminel qui ainsi déguisé de la sorte prend l' apparence du bouc émissaire. Ce monstre sur le dos duquel l' on rejette le soleil noir et nos démons qui veillent en lui, nous rassurant dans nos convictions d'avoir instituté les normes et valeurs appropriées, ne font que lui assurer sa propre pérennité. Mais il ne faut surtout pas oublier, que l' existence d' une situation de déviance n' a lieu que dans cette mesure où sont méticuleusement instaurées des normes qui le conditionnent, organisant et minimisant son espace de gestes, créant ainsi son sentiment d' enfermement. Les logiques de stigmatisation de l' acte criminel et de son acteur diabolisé qui s'en suivent, n'ont pour but que de nous entraîner dans l' une des plus grandes de nos éternelles mascarades, véritable oeuvre du jugement, la circulation de flux inhérents au bien et au mal, le christianisme des temps modernes.

L'acte de barbarie n' est plus celui d' un spectre dans notre "jardin sauvage" (Ronald David Laing), mais celui d' un prédateur bien réel dont les gestes ont comme unique conséquence de soulever indirectement la notion de "logos". Dés lors que ces gestes intègrent cette phase de traitement, ils deviennent plus tard l' apanage ou la cible idéale de l'anthropologue qui dans la seule issue d'une déduction confuse se met à dresser puis classifier tel le naturaliste avec sa curiosité, son rapide descriptif sur l'expérience du sauvage. En introduisant de tels documents faussés au sein de structures pénales déterminant ainsi le consensus final qui les transforme en de redoutables doctrines hermétiques à tout jugement nocif, c' est tout les fondements mêmes sur l'étude de homme qu'ils nous faudrait remettre en question. « L' homme enseigne que par le sang se prouve la vérité, hors de la vérité le sang et le plus mauvais témoin, le sang infecte la plus pure doctrine pour en faire un délire encore et une haine des cœurs ». (Zarathoustra selon Nietzsche). « L' homme sublime ou supérieur pose les énigmes, vainc les monstres mais il oubli le monstre et l' énigme qu'il est lui même ». (Friedrich Nietzsche).

 Briser cette image figée de la vie pour conquérir d' autres formes de langage, vaincre l' attachement à ce monde qui témoigne de notre esclavage inconscient à l'égard du pouvoir industriel, c' est ce que fait l' homme criminel à ce point ou devenu l' objet d'une machinerie sociale qui l'aliène, il bascule dans la sauvagerie, c' est à dire se retrouve quasi instinctivement dans l'état de nature. En enfreignant les codes, il s' en prend directement à la parole officielle ce qui signifie dans notre société s' en prendre à la raison au risque d'être considéré comme fou. « L' homme est un loup pour l'homme ». (Thomas Hobbes). Or en réduisant de la sorte la question de cette violence indicible à une explication privée, personnelle, psycho-pathologique ou biologique, on évite de remettre en question le système social et sa dynamique intrinsèque au profit du renforcement des mécanismes répressifs de l'état ou de la violence privée. « Il est dérisoire de vouloir contester notre société sans ne jamais penser les limites même de son langage par lequel nous prétendons la contester, c' est vouloir détruire le loup en se logeant confortablement dans sa gueule ». (Roland Barthes)...

 

                                                                                                                                                                 Valère Chanceaulme

 

 

"Speculating on over-mediatized images, swaying between delusion and veracity is symbolized by a whole hegemony inherent in the entertainment industry, elaborated and implemented by the major structures which prompt psychopath individuals into granting themselves an iconoclastic function.The present iconoclastic experience is no more the one which used to be drawn from traditional trends in which the dogmatic function of icons only aimed at theological statements; there has been a change in the cult of images which has been modified due to their high level of industrialisation. Currently, we are resorting to state-of-the art products broadcasting a vast array of images, which leads to an even more radical process of those images. The supremacies who grant themselves the right to maintain some control over images by developing this massive fraud, this machinery, I mean the processing of television images, sorted out from a wider reality, favour the massive construction of ludicrous images where any language and symbolics are considered as surviving remnants. The production of images in which one may see the misrepresentation of this reality which ensue from this very selection, which is supposed to be compulsory, generates among human beings a non distinctive correlation between reality and imagination and thus causes agitation on the mass psychology. There is no denying that the present transformation in the construction of identity and personality comes from the close link between our civilisation and images, the content of which greatly favours a spectacular appearance rather than the complex depth of human thoughts. This spectacular image engendered not only an outline, but also a standardised social language. This language became codified by conveying a whole procession of signs and it has become more and more difficult to express oneself without referring to those signs which are totally derived from industrial means of production. Present television images supply human beings with signs which which create an extravagant language and through which they try to build up their personalities. Human beings contamined by this language, a genuine social virus, causing lobotomy, having no antibodies in substitution for their will, which would permit them to overcome the emptiness and idleness of their lives, become prisoners of time and space. In « Shopenhauerian » words, human being become ordinary men, industrial products manufactured by nature at a rate of several thousands a day. At this stage when language is already confined in a pretended network of exact symbols, it is no more the human beings only privilege, they have created their own jail out of it. Their mental experiences are all the more reduced, and it is at that level of ideological control (mental hold-up), after mutilating their intelligence, that one may use the words of « de-culturation symbolique ».

The feeling of being totally powerful, which is one of the features of the psychopath individuals, particularly comes from the fact that, nowadays, new communication networks produce surplus misrepresented images to which they have been conditioned to submit in order to fall more deeply in a kind of stupor, those images obviously excluding any form of integration of reflection. Rejecting a standardization of their minds can be considered as a taking action (acting in), where in some cases, such as the ones of systematic killer, the image including a heavy symbolical load becomes a decayed tool and thus the image may constitute the fermenting agent of their criminal process, which are various images occordingly popularised or sacred by mass-media; those references thus become the ideal social frame, the use of it will be aimed at a secular reasoning of ritualism. The powerful social body, by allotting them this tiny space of daily gestures « inframince social » becomes an obstacle which is infringed and corrupted by the psychopath acting out of a strong unconscious imitation, they will have been ingesting through images.

The crucial reality of the criminal act is more particularly hidden by a major ideological theory about the notion of deviancy, and thanks to this theory, the agents of the predominant ideology can engender a stereotype of criminals using the expedient of institutional networks. This stereotype which is a total chimera in which the fantasy of the collective unconscious are focussed, is thrown like a mask on the faces of criminals who in such a disguise, will appear as scapegoats loaded with the black sun and its vigilant devils, consequently confirming them the standards and values which will ensure their durability. But one must keep in my mind that, such a situation of deviancy can only exist as far as those conditioning standards have been carefully implemented by organizing their gestural space creating thus a rigid pattern of behaviour. The only aim of the ligical process of stigmatisation of the criminal act which then develops is to carry us along toward one of the major masquerade of this century, a genuine work of judgement, the ebb and flow of good and evil, I mean: modern times Christianity.

The barbarian act is no more the one of a ghost in our « wild garden » but the act of a true predator whose only consequence will be to indirectly raise the question of logos. As soon as a criminal will be medically treated, this person will become the monopoly, the ideal target of anthropologist, whose only questionable solution and confused deduction will be to, as a naturalist would out of curiosity, draw up and then classify a short explanatory form mentioning the experience of this savage. By introducing such disorted documents within penal structures, thus determining the final consensus which will change them into fearsome doctrines, impenetrable to any harmful judgement, the very basis of the survey on human beings must be questioned. « Men say that truth is proved by our blood , but in all other cases, our blood is a very bad witness. Our blood contaminates the purest doctrine to turn it into delirium and hate of the hearts » Zarathoustra, Nietzsche. « Sublime or superior men set enigmas, defeat monsters but they forget about the enigma and the monster they really are » Friedrich Nietzsche.

Breaking up the still image of life to regain other forms of languages, defeating the attachment of this world which testifies our unconscious slavery towards this industrial power, is what criminals do when reaching the turning point and when having become the object of an alienating social mechanism, they go over to savagery, that is to say they go back, quite instinctively, to a natural state, by infringing up codes, they take it out on the official word, which in our society means, to take it out on reason. « Brother will turn on brother » Thomas hobbes. Actually, by reducing the question of this inexpressible violence to a private, personal, psychological or biological explanation, one doesn't have to question the social system and its intrinsic dynamics; this will benefit the government repressive mechanisms or the mechanisms of private violence which will thus be reinforced. « It is derisory to protest against our society without considering the very limits of its language, when pretending we are protesting. It is as if in order the wolf, we comfortably lodged ourselves between its jaws ». Roland Barthes..."

 

 

 

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Published by valerechanceaulme.over-blog.com
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